La semaine dernière, un moniteur de ski de Saint-Gervais m'a posé une question simple : "Je gagne bien ma vie entre décembre et avril, je paie un max d'impôts, et mon comptable me dit qu'il n'y a rien à faire. C'est vrai ?"
Non. C'est faux. Et je vais vous expliquer pourquoi cette réponse revient aussi souvent — et ce qu'elle vous coûte concrètement chaque année.
Je ne dis pas que votre comptable est incompétent. Je dis qu'il fait un métier différent du mien. Son job : produire un bilan conforme et déposer votre liasse fiscale dans les temps. Mon job : regarder votre situation patrimoniale dans son ensemble et trouver les leviers que personne n'actionne. En tant que conseiller en gestion de patrimoine indépendant, j'ai accès à une vision que le comptable n'a pas — et surtout, je prends le temps de la construire.
Le vrai problème : votre comptable raisonne en année fiscale, pas en trajectoire de vie
Un comptable regarde votre exercice N. Il calcule votre résultat, applique les charges déductibles classiques, et boucle le dossier. C'est normal : il a 300 clients et la période fiscale dure trois mois.
Mais l'optimisation fiscale d'un TNS, ça se construit sur 10, 20, 30 ans. Ça demande de croiser votre tranche marginale d'imposition actuelle avec vos projets, votre régime matrimonial, votre âge de départ en retraite, votre patrimoine immobilier — et même la saisonnalité de votre activité.
En Haute-Savoie, cette saisonnalité est un facteur clé. Un restaurateur de Megève qui fait 65 % de son chiffre entre décembre et mars n'a pas les mêmes besoins qu'un artisan du bâtiment de Passy qui travaille surtout d'avril à octobre. Pourtant, leur comptable leur propose souvent la même chose : un contrat Madelin ouvert il y a dix ans, avec des versements au fil de l'eau, sans aucune stratégie derrière.
💡 Le test des 30 secondes pour savoir si vous êtes sous-optimisé
Prenez votre dernier avis d'imposition. Regardez votre taux marginal d'imposition (TMI). Si vous êtes à 30 % ou plus et que vous versez moins de 8 000 € par an sur un PER ou un Madelin, il y a de l'argent sur la table. À 41 %, c'est presque certain que vous laissez entre 3 000 et 7 000 € d'économie d'impôt chaque année. Je vois ça toutes les semaines dans mon cabinet à Sallanches.
Histoire n°1 : le gérant de société à Combloux qui payait 9 200 € d'impôt en trop
L'an dernier, un gérant de SARL dans le secteur du transport touristique à Combloux est venu me voir. 52 ans, marié, deux enfants étudiants, TMI à 41 %. Son comptable lui avait ouvert un Madelin retraite en 2014 avec un versement annuel de 3 000 €. Depuis, personne n'y avait retouché.
En analysant sa situation, j'ai identifié trois choses :
- Son plafond d'épargne retraite non utilisé cumulé sur les trois dernières années représentait 38 400 € de versements déductibles potentiels.
- Il n'avait jamais entendu parler du PER individuel, qui a remplacé le Madelin avec plus de souplesse — notamment la sortie en capital à la retraite.
- Sa femme, salariée, avait elle aussi un plafond non utilisé qu'on pouvait mutualiser.
Résultat concret : on a mis en place un versement exceptionnel de 22 000 € sur un PER en décembre, en utilisant une partie de sa trésorerie excédentaire. Économie d'impôt immédiate : 9 020 €. Et on a planifié un versement annuel de 12 000 € pour les années suivantes, calibré précisément sur son plafond.
Son comptable ne lui avait jamais parlé de cette stratégie. Pas par mauvaise volonté — simplement parce que ce n'est pas son métier de modéliser l'impact patrimonial d'un versement PER sur 15 ans.
Madelin vs PER : le match que personne ne vous arbitre
Beaucoup de TNS en Haute-Savoie ont encore un vieux contrat Madelin. Si c'est votre cas, voici ce que vous devez savoir :
- Le Madelin impose une sortie en rente viagère. Votre capital est bloqué, transformé en rente — souvent faible — à la retraite. Le PER permet une sortie en capital à 100 %, ce qui change tout pour financer un projet immobilier ou compléter votre patrimoine immobilier.
- Le Madelin impose des versements réguliers avec un tunnel de 1 à 10. Le PER est totalement libre : vous versez quand vous voulez, ce que vous voulez.
- Les frais des anciens Madelin sont souvent astronomiques : 3 à 4,5 % sur versement, 1 % de gestion annuelle sur des fonds médiocres. J'ai audité un contrat Madelin d'un moniteur indépendant de Chamonix : en 9 ans, les frais avaient mangé 11 400 € sur un encours de 47 000 €.
Le transfert Madelin vers PER est possible et souvent pertinent. Mais attention : il faut comparer les pénalités de transfert, les conditions du nouveau contrat, et surtout recalculer votre stratégie de versement. C'est exactement le type d'arbitrage que je fais au quotidien avec mes clients indépendants du Pays du Mont-Blanc.
Histoire n°2 : l'infirmière libérale de Domancy qui découvre 4 leviers en un rendez-vous
Une infirmière libérale installée à Domancy, 44 ans, célibataire, BNC de 78 000 €. Elle venait me voir pour une question sur son assurance vie. En 90 minutes de diagnostic patrimonial, on a découvert quatre leviers fiscaux qu'elle n'exploitait pas :
- Levier 1 — PER : aucun versement. Plafond cumulé disponible : 29 600 €. On a programmé un versement de 10 000 € avant le 31 décembre. Économie d'impôt : 3 000 € (TMI 30 %).
- Levier 2 — Prévoyance Madelin : elle payait sa prévoyance sur son compte personnel. En la passant en charge déductible via un contrat Madelin prévoyance, elle a récupéré 1 800 € de déduction par an.
- Levier 3 — Cotisations facultatives retraite : elle cotisait au minimum à la CARPIMKO. En augmentant sa classe de cotisation, elle a gagné en droits retraite ET en déduction fiscale.
- Levier 4 — Investissement locatif en LMNP : elle avait 80 000 € dormants sur un livret. On a orienté une partie vers un studio à Sallanches avec un mécanisme d'amortissement qui génère un déficit comptable sans effort de trésorerie.
Total des économies d'impôt identifiées la première année : 6 200 €. Son comptable, très compétent par ailleurs, n'avait abordé aucun de ces sujets en sept ans de collaboration. Encore une fois : ce n'est pas son rôle.
Les 3 erreurs fiscales que je vois le plus chez les TNS du Pays du Mont-Blanc
Erreur n°1 : verser sur le PER sans calculer le bon montant
Trop de TNS versent un montant rond — 3 000 €, 5 000 € — sans vérifier leur plafond réel ni leur TMI. Résultat : soit ils sous-utilisent leur plafond (et laissent de l'argent à l'État), soit ils dépassent et perdent la déductibilité. Le bon montant se calcule au centime près, chaque année.
Erreur n°2 : ignorer la stratégie de sortie
Verser sur un PER, c'est bien. Mais si vous ne planifiez pas la sortie (rente, capital, mix des deux), vous risquez une imposition massive le jour J. Un indépendant de Passy m'a montré une simulation faite par sa banque : elle ne tenait pas compte de la fiscalité à la sortie. L'économie « promise » de 45 000 € se transformait en 18 000 € nets. La moitié partait en impôt à la retraite.
Erreur n°3 : ne pas coordonner fiscal et social
Chez les TNS, fiscal et social sont liés. Baisser votre revenu imposable via le PER peut impacter vos droits retraite, vos indemnités journalières, votre capacité d'emprunt. Il faut modéliser les deux en parallèle. C'est ce que je fais systématiquement dans mes bilans de protection sociale.
Ce que je recommande concrètement aux indépendants de la vallée
Après des centaines de diagnostics patrimoniaux réalisés entre Chamonix et Sallanches, voici ma méthode en 4 étapes pour un TNS qui veut reprendre le contrôle de sa fiscalité :
- Étape 1 : Récupérez vos 3 derniers avis d'imposition et vos plafonds d'épargne retraite (indiqués en page 3 ou 4 de votre avis).
- Étape 2 : Faites auditer vos contrats existants (Madelin, assurance vie, prévoyance). Les frais cachés et les supports inadaptés sont la norme, pas l'exception.
- Étape 3 : Modélisez votre TMI sur les 5 prochaines années. Si vos revenus varient — et en station, ils varient toujours — votre stratégie de versement doit s'adapter chaque année.
- Étape 4 : Coordonnez avec votre comptable. Je travaille en binôme avec une dizaine de cabinets comptables entre Megève et Les Contamines. Le comptable exécute, le CGP conçoit la stratégie. Les deux sont nécessaires.
Le meilleur moment pour démarrer ? Septembre-octobre. Assez tôt pour agir avant le 31 décembre, assez tard pour avoir une vision claire de votre résultat annuel. En pleine saison d'hiver, vous aurez la tête ailleurs — et c'est normal.
Questions fréquentes
Mon comptable peut-il faire la même chose qu'un CGP pour l'optimisation fiscale ?
Non, et ce n'est pas une question de compétence. Le comptable produit vos comptes et votre déclaration fiscale. Le CGP analyse votre situation patrimoniale globale — revenus, patrimoine, projets, protection sociale, transmission — pour construire une stratégie fiscale sur le long terme. Les deux métiers sont complémentaires, pas interchangeables.
Je suis TNS avec un revenu irrégulier (saisonnier). Le PER est-il adapté ?
C'est justement l'un des gros avantages du PER par rapport au Madelin : vous versez ce que vous voulez, quand vous voulez. Une bonne année à Megève ? Vous versez 15 000 €. Une année difficile ? Vous versez 2 000 € ou rien. Cette flexibilité est idéale pour les profils saisonniers de Haute-Savoie.
Combien coûte un diagnostic fiscal avec un CGP indépendant ?
Chez Mont Joly Conseil, le premier rendez-vous de diagnostic est offert. Il dure environ 1h30 et permet déjà d'identifier les principaux leviers. Si on travaille ensemble ensuite, ma rémunération est transparente et détaillée dès le départ — pas de frais cachés.
Puis-je transférer mon ancien contrat Madelin vers un PER ?
Oui, le transfert est un droit. Mais attention aux pénalités de transfert et aux éventuelles pertes de garanties (taux garanti sur les anciens contrats). J'analyse systématiquement le coût réel du transfert avant de le recommander. Dans environ 70 % des cas que je traite, le transfert est avantageux.
À partir de quel revenu l'optimisation fiscale TNS devient-elle intéressante ?
Dès que vous êtes dans la tranche à 30 % (revenu imposable au-dessus de 28 797 € pour une part en 2024), il y a des choses à faire. À 41 %, c'est presque une faute de ne rien optimiser. Concrètement, la plupart des indépendants que je reçois au cabinet de Sallanches ont un BNC ou une rémunération de gérance entre 50 000 et 150 000 €.
Passez à l'action
Vous êtes TNS en Haute-Savoie et vous avez le sentiment de payer trop d'impôts sans que personne ne vous propose de solutions concrètes ? Apportez vos deux derniers avis d'imposition et votre dernier bilan : en 1h30, je vous montre exactement ce qui est possible — chiffres à l'appui.
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